Tout savoir sur les textiles

Ils existe une grande variété de textiles. Ceux-ci peuvent être distingués selon leurs procédés de fabrication, les fibres utilisées ainsi que les produits utilisés pour leur fabrication.

Les fibres

Les textiles sont fabriqués à partir de différents types de fibres: les fibres naturelles (animales ou végétales) et les fibres chimiques (fibres artificielles ou synthétiques).

Les fibres textiles naturelles

Les fibres animales

Elles sont composées de protéines particulières. Il existes les soies, les fibres produites à partir de poils, fourrures ou laines et les plumes. Les plus utilisées sont: les laines de mouton, les soies issues du ver à soie et le mohair de la chèvre angora (nrgaia).

1)La soie

La plus connue est fabriquée à partir de cocons des larves de ver à soie Bombyx mori. Les vers sont élevés en captivité (sériculture). La soie est une fibre de 5 à 10µm (1/10000 de cm). La soie est appréciée car elle reflète la lumière grâce à la structure de sa fibre (prisme triangulaire dans sa structure transversale).

2)La laine

La laine est dérivée de la fourrure des animaux, principalement des moutons, des chèvres, des alpagas et des lapins.

L’alpaca vient de l’alpaga. Cet animal vit principalement dans les Andes mais aussi en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. C’est une laine chaude, légère, douce et brillante. Elle est luxueuse et de haute qualité. On en produit 5000 tonnes/an.

L’angora est produit à partir du duvet du lapin angora, elle est douce.

Le cachemire vient de la chèvre cachemire. Cette fibre est douce, très légère, très chaude et luxueuse. On en produit 15000 tonnes/an.

Le mohair est fabriqué à partir des cheveux de la chèvre angora originaire de Turquie. Cette laine est reconnue pour sa brillance. Elle permet de garder le corps au chaud en hiver et de garder la fraîcheur en été. On en produit 20000 tonnes/an.

La laine de mouton peut être en fonction du diamètre de la fibre fine et douce ou plus grossière. La laine plus grossière a tendance à moins boulocher. Cette fibre a connu un réel succès grâce à sa résistance et à son élasticité. La tonte des moutons se fait une fois par an. La laine est ensuite lavée, séchée, cardée, peignée et filée. Il existe 4 sortes de laines (majeloc):

  1. de tonte: animaux vivants et sains
  2. d’agneau: vient de la première tonte: fibres fines et peu résistantes
  3. de délainage: animaux abattus et qualité moyenne
  4. de renaissance: récupérée de restes de laine et vieux vêtements

Les fibres végétales

1)Le coton

Le mot coton vient de l’arabe Al kutun qui a donné le mot algodon en espagnol. Les cotonniers sont des arbustes de 80 cm à 2m de hauteur. La longueur de la fibre ainsi que sa qualité dépend de l’espèce. Au milieu des années 90 les premières variétés génétiquement modifiées (OGM) ont été créées, elles permettent de mieux résister aux insectes. Depuis 2012, 50% des cotonniers cultivés sont des OGM (encyclopédie Universalis). Il existe une trentaine d’espèces sauvages mais seulement 4 sont cultivées. La production en Inde a débuté 3000 ans av. JC puis en Amérique du Sud et en Europe.

Au XIV ième siècle il existe une industrie cotonnière en Europe à Bruges, Gand et Barcelone. Les cotonnades seront les premiers tissus imprimés. Le coton est un produit de luxe en Europe au XVII ième siècle. Cependant, l’engouement pour le coton a poussé à une production de plus en plus massive, à l’utilisation intense de pesticides, d’engrais et la culture du coton nécessite une importante irrigation. Cette culture a conduit à la destruction du lac d’Arval en Asie centrale. Cette fibre est très utilisée, son exploitation est peu écologique. Il existe aussi des champs de culture biologique (jussieu).

2)Le lin

Il existe des centaines de variétés mais seulement 4 sont cultivées. Pour conserver les fibres cette plante n’est pas coupée mais arrachée. Cette fibre possède de nombreux avantages environnementaux. Il existe des champs de culture et des usines de transformation dans le nord de la France. Cette plante nécessite 5 fois moins d’engrais et pesticides que le coton. Il existe des champs de culture biologique. De plus tous les sous-produits de cette plante sont utilisés (la pulpe pour faire le papier des dollars, les graines pour l’alimentation, l’huile pour l’alimentation, la cosmétique…). Les fibres de lin permettent de réguler la température du corps (chaud en hiver, refroidissant et respirant en été). Cette fibre est naturellement anti-allergique et anti-bactérienne. Cette fibre est écologique (ecoconso).

Cependant on peut traiter le lin avec des produits chimiques pour éviter le froissement (jussieu).

3)Le chanvre

Cette plante (Cannabis saliva) provient des régions équatoriales, elle possède une croissance rapide et ne nécessite pas de pesticides ainsi que très peu de fertilisants. Sa culture est facile mais sa transformation est plus difficile. La France est le producteur numéro 1 de l’Europe. Cette fibre est connue pour être inusable, anti-bactérienne, isolante (ecoconso).

4)Le jute

Cette fibre est robuste, sa production nécessite beaucoup de main d’œuvre, elle est gourmande en pesticides et engrais. Cette fibre est principalement utilisée pour fabriquer des sacs solides.

Les fibres textiles chimiques

Les fibres artificielles

Ces fibres sont produites à partir de ressources naturelles: la cellulose. Mais afin de les obtenir il faut avoir recours à des procédés chimiques. Ces fibres sont la viscose, le lyocell, le modal, le bambou et le maïs. Ce fibres peuvent être renouvelables mais ne sont pas forcément locales, elles nécessitent beaucoup d’eau et de solvants (ecoconso). Je développerais les cas les plus connus: la viscose et le bambou.

1)La viscose

Cette fibre est produite à partir de cellulose de bois extraite chimiquement. La cellulose de bois est transformée par de la soude qui rompt les liaisons hydrogène et des étirements mécaniques qui permettent de fabriquer la fibre. Cette matière est polluante à cause des déchets chimiques nécessaires pour la produire (jussieu).

2)Le bambou

C’est une fibre légère, solide, douce et anti-bactérienne. Cette fibre est de qualité et la production se fait à faible coût. L’exploitation du bambou peut être biologique car cette plante ne nécessite ni engrais ni pesticides. Elle préserve les sols, elle produit 35% d’oxygène de plus qu’un arbre classique. Cependant, la fibre est obtenue après une transformation chimique. Le bambou est réduit en poudre, la cellulose est extraite par un mélange chimique contenant du sulfate de soude, de l’acide citrique et de dissulfure de carbone. Ces produits chimiques sont polluants, notamment le dissulfure de carbone qui pollue l’eau (wedressfair).

Les fibres synthétiques

Elles sont dérivées de la pétrochimie. Il y a par exemple le polyester, le nylon, l’acrylique, l’élasthanne. Voyons plus particulièrement le cas de l’élasthanne.

1)L’élasthanne:

Cette fibre est dérivée du pétrole. Elle est composée à 85% de polyuréthane segmentaire qui permet sa solidité et son élasticité. Le premier fil a été réalisé en 1953. Cette fibre souple, légère est grandement utilisée depuis sa création afin de rendre les vêtements plus confortables. Il a été montré qu’au lavage cette fibre relâche des micro-fibres dans les eaux usées et donc les océans (wedressfair).

Fabrication, label OEKO-TEx et GOTS

Lorsque l’on veut acheter des tissus ou des vêtements responsables au niveau écologique et social, le plus simple est de se référer aux labels ou certifications. Dans le domaine du textile, les plus retrouvés sont les labels Oeko-tex (oekotex) et GOTS (global-standard).

Le label Oeko-tex

Oeko-tex100

Tout d’abord, le label Oeko-tex 100 est le plus courant et le plus facile à trouver. Ce label garantit des textiles sans produits toxiques pour le corps et l’environnement. Cependant, des matières synthétiques (donc polluantes) peuvent être certifiées Oeko-tex (madeinresponsable). Ce label a été créé en Allemagne en 1992. Il a été le premier à offrir ce service permettant de différencier les textiles selon leur fabrication. Ce certificat est délivré seulement pour un an auprès des fabricants. Ensuite il doit être renouvelé (oekotex).

Garanties:

Avant tout ce label est une garantie pour le consommateur. Premièrement, ces textiles sont sans:

  • Métaux lourds
  • Colorants allergènes, cancérigènes
  • Phtalates et benzène. Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens et toxiques pour la reproduction. Ils sont utilisés pour assouplir le PVC et les impressions des tee-shirts. Le benzène est un cancérigène.

Deuxièmement, ce label impose une limite de pesticides utilisés, un pH adapté aux peaux sensibles, un seuil pour les substances polluantes, cancérigènes et allergènes et une économie de l’eau.

Troisièmement, les contrôles ont lieu sur les produits bruts (fibres), semi-finis (textiles) et finis (prêt-à-porter ou linge de maison). Ainsi, les produits certifiés vont des fils, tissus, tricots aux accessoires utilisés pour fabriquer les produits finis (dreamact).

Finalement, il existe également des tests effectués afin de vérifier la quantité de produits qui sont présents sur le vêtement et qui pourront pénétrer l’organisme par différentes voies (eco-sapiens):

  • L’absorption cutanée: vérifiée par un test de transpiration artificielle
  • L’ingestion: mesurée par l’utilisation de salive artificielle
  • L’inhalation: mesurée par un test de mesure des émissions par le textile

Les classes:

Ainsi selon le type de produit final vendu, Oeko-tex réalise les contrôles selon 4 classes existantes dans le label Oeko-tex 100 (oekotex):

  • La classe I: Les textiles pour les enfants jusqu’à 3 ans (la plus exigeante)
  • La classe II: Les textiles qui seront directement en contact avec la peau, les sous-vêtements, les draps, les tee-shirts…
  • La classe III: Les textiles sans contact direct avec la peau comme les vestes et les manteaux.
  • La classe IV: Le linge de maison, textiles de décoration comme les nappes et les rideaux

Oeko-tex 1000

De plus, il existe un label Oeko-tex 1000 qui contrôle toute la chaîne de production textile. Pour obtenir ce label il faut qu’au moins 30% de la chaîne soit déjà certifié Oeko-tex100. Ce label vérifie:

  • Le traitement des eaux usées
  • L’absence de colorants nuisibles pour l’environnement
  • La maîtrise de la consommation d’énergie
  • La sécurité au travail
  • L’interdiction du travail d’enfants
  • La protection de l’environnement

En conclusion:

Les textiles Oeko-tex sont une garantie pour des textiles sans poisons pour notre peau et l’environnement (ne dépassant pas un certain seuil). Cependant cela n’assure pas que le tissu soit biologique, les textiles produits chimiquement (donc polluant comme la viscose, l’élasthanne…) peuvent être certifiés Oeko-tex.

Le label GOTS

GOTS: Global Organic Textile Standart ou Norme Mondiale des Textiles Biologique.

Ce label peut certifier différents types de produits textiles: laines, tissus, vêtements, linge de maison… Ce label est un gage de produits biologiques, responsables au niveau environnemental mais aussi social (madeinresponsable).

Le label a été crée en 2006, depuis il y a eu beaucoup de mises à jour des conditions afin de toujours améliorer les aspects de ce label (certificationcontrolunion). Ce label est accordé sous forme de contrat pour une production, une vérification est effectuée tous les ans.

Les textiles sont biologiques et contrôlés selon les normes internationales et nationales (global-standard).

Les classes:

Il existe deux classes de textiles GOTS:

  • La classe 1 biologique (en anglais organic): constitués de 95% de fibres biologiques et de moins de 5% de fibres non biologiques et/ou synthétiques.
  • La classe 2 fait avec x% de fibres biologique (en anglais made with X% organic): constitués d’au moins 70% de fibres biologiques et au maximum de 30% de fibres non biologiques avec un maximum de 10% de fibres synthétiques.

Les garanties:

Pour l’environnement:

Premièrement, afin d’acquérir ce label, les fabricants doivent disposer d’une chaîne d’étapes de traitement de ces fibres biologiques qui soit clairement différenciée et séparée des fibres “classiques”.

Deuxièmement, ce label garantit l’absence de:

  • nano particules
  • métaux lourds
  • formaldéhyde (cancérigène)
  • enzymes OGM
  • OGM
  • perturbateurs endocriniens
  • javel (utilisation de l’oxygène pour les décolorations)

Si des produits chimiques comme certains colorants sont utilisés ils doivent répondre aux normes de toxicité et biodégradabilité.

De plus, pour obtenir la certification, les fabricants ne doivent pas utiliser d’emballage contenant du PVC, les emballages doivent être en papier ou carton et doivent pouvoir être recyclés.

Pour le social:

Le label GOTS prend en compte l’impact environnemental des textiles mais aussi des travailleurs. Ainsi, des conditions de normes de travail sont à remplir:

  • Emploi choisi librement (pas de travail forcé)
  • Liberté de création d’association et de négociation
  • Des réglementations sur la sécurité au travail et l’hygiène
  • Interdiction du travail des enfants
  • Des salaires minimums permettant aux gens de vivre correctement
  • Pas d’excès du nombre d’heures de travail
  • Pas de discrimination
  • Un emploi régulier
  • Pas de traitement inhumain

Toute la chaîne d’un produit peut être certifiée. Pour cela, le fermier cultivant les fibres doit être certifié agriculture biologique dans le pays de vente du produit final. Ensuite, les personnes récoltant la fibre, les fabricants de la fibre doivent également être certifiés et finalement les fabricants du produit final.

La qualité:

Le label GOTS assure également aux consommateurs une certaine qualité. Pour contrôler la résistance du produit final des tests aux frottements, à la transpiration, au lavage, au rétrécissement et au maintien des couleurs sont effectués (dreamact).

En conclusion:

Ainsi, le label GOTS a pour avantage d’être international et permet donc de garantir une unicité des conditions d’acquisition du label. Contrairement au label Oeko-tex, les fibres sont biologiques, les normes concernant les produits chimiques sont plus strictes et le label prend en compte les conditions de travail des ouvriers. Aujourd’hui en plus d’acheter de façon responsable pour la planète il est aussi responsable de penser aux conditions de vie inhumaines qui existent dans certains pays afin de fabriquer le tee-shirt le moins cher possible.

Les textiles tissés

Les textiles tissés sont obtenus par l’entrecroisement perpendiculaire du fil de chaîne et du fil de trame. Au début de la création des textiles, le tissage était réalisé à la main. Aujourd’hui, afin de faire face à la demande importante, les tissages sont réalisés par des métiers à tisser mécaniques. Le fil de chaîne est celui sur la longueur du tissu alors que le fil de trame est dans la largeur du tissu. Ainsi, c’est une navette à laquelle est attachée le fil de trame qui permettra de le faire passer perpendiculairement au fil de chaîne. Le type de tissage va permettre de créer différents entrecroisement et donc différentes armures.

L’armure toile:

Tout d’abord, l’armure toile: c’est celle de base, le croisement est une simple alternance du fil de chaîne et du fil de trame. Ces tissus sont simples à produire. Il sont solides.

Textiles tissés armure toile
Schéma représentant l’armure toile.

L’armure sergée:

Il existe aussi l’amure sergée, le fil de chaîne passe au-dessus et en-dessous de plusieurs fils de trame. Il existe un décalage à chaque croisement d’un fil vers la gauche ou vers la droite, cela crée une diagonale. C’est dans cette armure que sont créés les jeans.

Textiles tissés armure sergée
Schéma représentant l’armure sergée. La diagonale créée par le tissage est représentée avec la ligne en pointillés

Ce type d’entrecroisement rend le tissu plus souple et ce dernier se froisse moins. Cependant, le fait qu’il y ait moins de croisements (décalage de croisement de un à chaque fois) fait que celui-ci est plus fragile (à titrage identique) que l’armure toile.

L’armure sergée n’est pas utilisée que pour faire des jeans. Ces tissus sont souvent épais, avec un tombé assez lourd. On peut les utiliser pour faire des jupes droites, des shorts, des pantalons ou des vestes.

L’armure satin:

Enfin, l’armure satin: le fil de chaîne passe au-dessus de 4 fils de trame. Le tissage en armure satin le rend plus fragile. Ces tissus sont souples. Ils sont brillants sur l’endroit et mats sur l’envers.

Textiles tissés armure satin
Schéma représentant le tissage de l’armure satin

Les textiles tricotés

Une autre technique pour fabriquer un textile est le tricot. Un fil unique forme les mailles du tricot. Ainsi, le tricot est défini par le nombre de mailles et de rangs. Le textile tricoté peut être réalisé à la main avec des aiguilles à tricoter ou de façon plus industrielle avec des machines à tricoter.

Ce dernier permet de créer un textile souple et extensible même si le fil tricoté n’a pas ces propriétés.

Par ailleurs, dans le cas du tricot; la jauge permet de mesurer la finesse du tricot. Plus elle est élevée plus le tricot est fin.

Le tricot par maille cueillies (classique)

Celui-ci est fait à l’horizontale et si une maille casse, le textile peut filer.

Le tricot par mailles jetées

Dans ce cas, il est composé de plusieurs fils et si une maille casse, il ne file pas. L’industrie textile, utilise ces mailles pour faire des tee-shirt, des sous vêtements…

Grâce à cette technique, il est possible de créer des motifs en relief par le tricot.

De plus, le tricot permet de créer les formes du vêtement directement (ce qui n’est pas possible avec le tissage), il est possible de créer des tricots tubulaires. Ces tricots peuvent être utilisés pour du bord côté, des tee-shirts. Cela permet de réduire le temps de couture.

Les textiles non tissés

Définition:

Un textile non tissé est “une feuille manufacturée, constituée de voile ou de nappe de fibres orientées directionellement ou au hasard, liées par friction, cohésion ou adhésion.” (futura-sciences)

Utilisation:

Leur apparition a eu lieu au XIXème siècle. Cependant, il aura fallu le développement des fibres synthétiques et des polymères (comme le latex) pour voir son industrialisation dans les années 60. (CCI Haut-de-France)

La durée de vie des textiles non tissés varie d’une utilisation à usage unique à une grande durabilité. Ils sont aussi bien utilisés pour les sachets de thé à usage unique que pour créer des matériaux innovants. De plus, ils ont de multiples applications.

Ils représentent la plus grande partie des textiles fabriqués (les textiles au sens large pas uniquement ceux utilisés dans l’industrie de la mode).

Leurs propriétés:

Ils peuvent en fonction de leur processus de création avoir de nombreuses propriétés: absorbance, répulsion des liquides, élasticité, étirement, douceur, résistance, ignifugation, lavabilité, anti-bactérien…. (CCI Haut-de-France)

Fabrication:

Ces textiles peuvent être assemblés de plusieurs façons: thermique, mécanique ou chimique. Les fibres sont mises à plat puis liées pour obtenir un textile.

Formation du voile

  • Par voie sèche (Drylaid): cardage (déméler et aérer les fibres)
  • Par flux d’air (Airlaid): véhiculer et disperser les fibres dans le flux d’air
  • Par voie fondue (Spunlaid): souffler à l’air chaud les fibres, c’est le procédé le plus commun et le moins coûteux.
  • Par voie humide (Wetlaid): processus similaire à la création du papier

Consolidation

Cette étape permet de lier les fibres entre elles et d’augmenter la résistance.

  • Chimique: utilisation d’agents liants (comme le latex)
  • Thermique : thermofixation des fibres synthétiques
  • Mécanique: enchevêtrement des fibres

Les fibres

Les textiles non tissés peuvent être fabriqués à partir de différentes fibres dont les fibres animales (laines, soies), végétales (lin, coton, chanvre) ou chimiques.

Comment les reconnaître:

Ils n’ont pas de structure. C’est un amas de fibres en désordre (comme un sachet de thé).

Il n’y a pas de fibres parallèles ou perpendiculaires. Ils peuvent cependant, imiter la texture et la force d’un textile tissé.

Exemple de textiles non tissés:

Le feutre de laine

Feutre de laine textile non tissé
Feutre de laine: textile non tissé (tendance-feutre)

Les textiles de décoration

textile non tissé de décoration
Exemple de textile de décoration non tissé (mondial tissu)
textile non tissé
Exemple de textile non tissé (nappe, mondial tissu)

Conclusion

Les textiles non tissés sont des textiles qui ne sont formés ni par tricotage ni par tissage mais formés par divers procédés mécaniques et/ou chimiques et/ou physiques. Finalement, ces textiles peuvent avoir de nombreuses propriétés en fonction des fibres choisies et du procédé de fabrication.

Si cet article vous a plu, vous pouvez lire mon article sur les textiles tricotés et tissés ici et mon article sur les fibres naturelles et chimiques ici.

Conclusion

En fonction des fibres utilisées et des procédés de fabrication, on obtient différents textiles avec différentes propriétés. Le choix du textile est à faire en fonction de l’utilisation qu’aura le textile. Dans le cas d’un vêtement, par exemple, la chaleur, la douceur ou l’élasticité recherchées. On peut également prendre en compte les conditions dans lesquelles seront fabriqués ces tissus.

Si cet article vous a plus vous pouvez également lire mon article sur le tulle ici et celui sur la dentelle ici.

La dentelle, un textile indémodable

Il existe différentes dentelles selon les pays et même au sein de la France il existe différentes dentelles selon les régions. La dentelle a été historiquement présente surtout en Italie, en Angleterre et en France.

Dentelle
Exemple de dentelle dans le dos d’une robe (pixabay)

Définition:

La dentelle est un textile sans fil de chaîne ni fil de trame. Les bords sont dentelés ou non (perezartplastiques). C’est le croisement des fils qui crée le dessin.

Composition:

Elle est réalisée à partir de fils de lin, soie et nylon. Elle peut être de couleur blanche, noire, en fil or ou argent… (infotourisme)

Fabrication:

Tout d’abord, elle peut être créée à la main ou à la machine. La dentelle peut représenter des motifs figuratifs ou abstraits. Pour commencer, elle apparaît au XVIème siècle et était faite à la main à l’aiguille ou au fuseau.

  • A l’aiguille se fait avec une aiguille à main et les motifs sont créés grâce aux tours de fils faits autour de l’aiguille et en fonction des endroits ou l’aiguille est piquée. Cette technique était surtout utilisée pour créer les fraises et les étoles.
  • Au fuseau est formée par le croisement des fils enroulés autour du fuseau. Cette technique permet un diversité de matériaux et donne une dentelle très fine.

Puis, son utilisation disparaît pendant la révolution et réapparaît à la période de Napoléon Ier.

Finalement, à partir du XIXème siècle la mécanisation de le dentelle apparaît. Tout d’abord c’est en Angleterre que les métiers à tisser la dentelle sont mis au point. Premièrement, le point de départ est le métier à tisser le tulle inventé par John Heathcoat (dont je parle dans cet article sur le tulle , le tulle peut imiter la dentelle). Puis Mr Leavers en 1814 reproduit les mouvements des fuseaux . Finalement, il allie le métier à tisser Leavers et le métier à jacquard en 1830. Le véritable métier à dentelle est l’association de ces deux métiers. Le métier Leavers permet le croisement des fils. Malgré la mécanisation, la fabrication de la dentelle demande toujours beaucoup de personnel car il existe 15 étapes nécessaires pour obtenir le produit fini.

La dentelle de Calais:

La dentelle et le tulle provenant d’Angleterre sont des produits fort demandés par les français. Napoléon en fait interdire l’importation pour soutenir les produits français. Les tensions avec l’Angleterre sous le règne de Napoléon créent une sur-production de tulle en Angleterre et beaucoup de chômage. Dès 1816 des fabricants décident alors de migrer en France, à Calais afin de créer la dentelle et de s’enrichir. Ils emportent avec eux leur métier à dentelle, les métier Leavers.

En 1840 c’est l’ère dentellière à Caudry et Calais.

Au début, les fabricants sont installés à Calais puis ils se déplacent à St-Pierre-lès-Calais à cause de la nuisance sonore créée par les métiers qui fonctionnent nuit et jour. Puis en 1885 Calais et St-Pierre-lès-Calais fusionnent (citedentelle).

Ainsi, les métiers actuels produisent une dentelle d’une qualité proche de celle au fuseau: c’est le label Dentelle de Calais.

Les étapes et métiers de création de la dentelle:

Plusieurs étapes sont nécessaires à la création d’une dentelle par un métier à tisser (lieuxdits):

  1. Esquisseur: Crée le motif
  2. Dessinateur: Traduit le motif sur une carte millimétrée
  3. Le perceur de carton: Perfore le carton qui guidera le métier à tisser selon le mécanisme du métier à jacquard
  4. L’ourdisseur: Dispose les fils de chaîne sur le métier à tisser
  5. Le tulliste: Surveille les fils qui cassent
  6. Le bobineur: Enroule les fils sur les bobines
  7. Le remoteur: Installe les bobines sur les charriots
  8. L’écailleur: Coupe le tulle intermédiaire au couteau circulaire
  9. L’effileur: tire les fils de jonction pour ne laisser que la dentelle.

Vous l’aurez compris, ces métiers utilisent comme base le tulle afin de créer le motif, puis une personne découpe le tulle afin de ne laisser que le motif.

La dentelle au point d’Alençon:

En 1851 cette dentelle est sacré “reine”. Elle a été mise au point par une Alençonnaise, Marthe La Perriere (1605-1677), en 1650. Elle introduit en France la dentelle à l’aiguille provenant d’Italie, le point de Venise. Puis elle avec l’aide d’autres personnes perfectionnent ce point pour créer le point d’Alençon qui donne une dentelle très fine. Il faut 7 à 15h de travail pour obtenir un travail qui a la surface d’un timbre poste. Depuis 2010 ce point est classé au patrimoine de l’UNESCO (visitalencon).

Utilisations:

Finalement, aujourd’hui la dentelle est surtout fabriquée pour l’ameublement et la haute-couture et les robes de mariées. La dentelle française a une reconnaissance mondiale. Les plus grands couturiers ne travaillent qu’avec de la dentelle d’origine française d’une très grande qualité. Chaque région à ses propres techniques (Bayeux, Caen, Chantily, Calais…). Les métiers utilisés dans les Haut-de-France et la Haute-Loire peuvent dater de 1930.

Conclusion:

En conclusion, aujourd’hui des métiers à tisser permettent la fabrication de la dentelle. Ces métiers ont été inventés en Angleterre puis importés en France afin de contrer l’interdiction d’importation instaurée par Napoléon. Cette histoire a permis de donner naissance à la dentelle de Calais qui est aujourd’hui un gage de qualité au niveau mondial. La dentelle française est celle utilisée par tous les grands créateurs de mode. Ce tissu utilisé depuis des siècles continu toujours aujourd’hui de connaître un grand succès

Les textiles labels Oeko-tex et GOTS

Lorsque l’on veut acheter des tissus ou des vêtements responsables au niveau écologique et social, le plus simple est de se référer aux labels ou certifications. Dans le domaine du textile, les plus retrouvés sont les labels Oeko-tex (oekotex) et GOTS (global-standard).

Label certification GOTS
Logo des textiles certifiés GOTS (global-standard)
label certification oeko-tex
Logo des textiles certifiés Oeko-tex 100 (oekotex)

Le label Oeko-tex

Oeko-tex100

Tout d’abord, le label Oeko-tex 100 est le plus courant et le plus facile à trouver. Ce label garantit des textiles sans produits toxiques pour le corps et l’environnement. Cependant, des matières synthétiques (donc polluantes) peuvent être certifiées Oeko-tex (madeinresponsable). Ce label a été créé en Allemagne en 1992. Il a été le premier à offrir ce service permettant de différencier les textiles selon leur fabrication. Ce certificat est délivré seulement pour un an auprès des fabricants. Ensuite il doit être renouvelé (oekotex).

Garanties:

Avant tout ce label est une garantie pour le consommateur. Premièrement, ces textiles sont sans:

  • Métaux lourds
  • Colorants allergènes, cancérigènes
  • Phtalates et benzène. Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens et toxiques pour la reproduction. Ils sont utilisés pour assouplir le PVC et les impressions des tee-shirts. Le benzène est un cancérigène.

Deuxièmement, ce label impose une limite de pesticides utilisés, un pH adapté aux peaux sensibles, un seuil pour les substances polluantes, cancérigènes et allergènes et une économie de l’eau.

Troisièmement, les contrôles ont lieu sur les produits bruts (fibres), semi-finis (textiles) et finis (prêt-à-porter ou linge de maison). Ainsi, les produits certifiés vont des fils, tissus, tricots aux accessoires utilisés pour fabriquer les produits finis (dreamact).

Finalement, il existe également des tests effectués afin de vérifier la quantité de produits qui sont présents sur le vêtement et qui pourront pénétrer l’organisme par différentes voies (eco-sapiens):

  • L’absorption cutanée: vérifiée par un test de transpiration artificielle
  • L’ingestion: mesurée par l’utilisation de salive artificielle
  • L’inhalation: mesurée par un test de mesure des émissions par le textile

Les classes:

Ainsi selon le type de produit final vendu, Oeko-tex réalise les contrôles selon 4 classes existantes dans le label Oeko-tex 100 (oekotex):

  • La classe I: Les textiles pour les enfants jusqu’à 3 ans (la plus exigeante)
  • La classe II: Les textiles qui seront directement en contact avec la peau, les sous-vêtements, les draps, les tee-shirts…
  • La classe III: Les textiles sans contact direct avec la peau comme les vestes et les manteaux.
  • La classe IV: Le linge de maison, textiles de décoration comme les nappes et les rideaux

Oeko-tex 1000

De plus, il existe un label Oeko-tex 1000 qui contrôle toute la chaîne de production textile. Pour obtenir ce label il faut qu’au moins 30% de la chaîne soit déjà certifié Oeko-tex100. Ce label vérifie:

  • Le traitement des eaux usées
  • L’absence de colorants nuisibles pour l’environnement
  • La maîtrise de la consommation d’énergie
  • La sécurité au travail
  • L’interdiction du travail d’enfants
  • La protection de l’environnement

En conclusion:

Les textiles Oeko-tex sont une garantie pour des textiles sans poisons pour notre peau et l’environnement (ne dépassant pas un certain seuil). Cependant cela n’assure pas que le tissu soit biologique, les textiles produits chimiquement (donc polluant comme la viscose, l’élasthanne…) peuvent être certifiés Oeko-tex.

Le label GOTS

GOTS: Global Organic Textile Standart ou Norme Mondiale des Textiles Biologique.

Ce label peut certifier différents types de produits textiles: laines, tissus, vêtements, linge de maison… Ce label est un gage de produits biologiques, responsables au niveau environnemental mais aussi social (madeinresponsable).

Le label a été crée en 2006, depuis il y a eu beaucoup de mises à jour des conditions afin de toujours améliorer les aspects de ce label (certificationcontrolunion). Ce label est accordé sous forme de contrat pour une production, une vérification est effectuée tous les ans.

Les textiles sont biologiques et contrôlés selon les normes internationales et nationales (global-standard).

Les classes:

Il existe deux classes de textiles GOTS:

  • La classe 1 biologique (en anglais organic): constitués de 95% de fibres biologiques et de moins de 5% de fibres non biologiques et/ou synthétiques.
  • La classe 2 fait avec x% de fibres biologique (en anglais made with X% organic): constitués d’au moins 70% de fibres biologiques et au maximum de 30% de fibres non biologiques avec un maximum de 10% de fibres synthétiques.

Les garanties:

Pour l’environnement:

Premièrement, afin d’acquérir ce label, les fabricants doivent disposer d’une chaîne d’étapes de traitement de ces fibres biologiques qui soit clairement différenciée et séparée des fibres “classiques”.

Deuxièmement, ce label garantit l’absence de:

  • nano particules
  • métaux lourds
  • formaldéhyde (cancérigène)
  • enzymes OGM
  • OGM
  • perturbateurs endocriniens
  • javel (utilisation de l’oxygène pour les décolorations)

Si des produits chimiques comme certains colorants sont utilisés ils doivent répondre aux normes de toxicité et biodégradabilité.

De plus, pour obtenir la certification, les fabricants ne doivent pas utiliser d’emballage contenant du PVC, les emballages doivent être en papier ou carton et doivent pouvoir être recyclés.

Pour le social:

Le label GOTS prend en compte l’impact environnemental des textiles mais aussi des travailleurs. Ainsi, des conditions de normes de travail sont à remplir:

  • Emploi choisi librement (pas de travail forcé)
  • Liberté de création d’association et de négociation
  • Des réglementations sur la sécurité au travail et l’hygiène
  • Interdiction du travail des enfants
  • Des salaires minimums permettant aux gens de vivre correctement
  • Pas d’excès du nombre d’heures de travail
  • Pas de discrimination
  • Un emploi régulier
  • Pas de traitement inhumain

Toute la chaîne d’un produit peut être certifiée. Pour cela, le fermier cultivant les fibres doit être certifié agriculture biologique dans le pays de vente du produit final. Ensuite, les personnes récoltant la fibre, les fabricants de la fibre doivent également être certifiés et finalement les fabricants du produit final.

La qualité:

Le label GOTS assure également aux consommateurs une certaine qualité. Pour contrôler la résistance du produit final des tests aux frottements, à la transpiration, au lavage, au rétrécissement et au maintien des couleurs sont effectués (dreamact).

En conclusion:

Ainsi, le label GOTS a pour avantage d’être international et permet donc de garantir une unicité des conditions d’acquisition du label. Contrairement au label Oeko-tex, les fibres sont biologiques, les normes concernant les produits chimiques sont plus strictes et le label prend en compte les conditions de travail des ouvriers. Aujourd’hui en plus d’acheter de façon responsable pour la planète il est aussi responsable de penser aux conditions de vie inhumaines qui existent dans certains pays afin de fabriquer le tee-shirt le moins cher possible.

Conclusion

Pour coudre des vêtements qui ne sont pas toxiques pour votre santé et l’environnement concentrez-vous sur les textiles avec le label Oeko-tex. Si vous voulez aller plus loin et consommer biologique ainsi que participer à un monde plus social achetez des textiles certifiés GOTS. Les tissus avec les labels Oeko-tex et GOTS ne sont pas forcément plus chers et si parfois ils le sont il faut alors se poser la question de qui paye le prix de cette différence de prix.

Le tulle, un textile de volumes et détails

Afin de continuer la série d’articles sur les textiles, après les différents types de fibres, la fabrication des textiles tissés et tricotés et l’article sur la broderie; voici un article discutant de l’origine et la fabrication du tulle.

Définition:

Pour commencer, le tulle est un tissu transparent, léger, vaporeux. Il est formé d’un réseau de mailles lâches, rondes, carrées ou polygonales (cnrtl). Ce textile est composé par des fibres de différentes matières (lin, coton, soie, laine et fibres synthétiques).

C’est une imitation de broderie avec un fond sur lequel on va créer un motif à l’aiguille.

Origines:

Il est d’origine anglaise, il porte le nom d’une ville française située dans le Limousin. En fait, ce textile a un motif proche d’un type de guipure que l’on fabriquait, à l’époque de Louis XIV, avec le point de tulle: la dentelle de tulle (instantprecieux).

Invention des métiers à tisser le tulle:

A l’origine il était fabriqué à la main, puis deux hommes, Frost et Holmes en 1777, en Angleterre, ont mis au point un métier permettant de faciliter sa fabrication.

Puis, toujours en Angleterre, en 1808 John Heathcoat perfectionne le métier à tisser du tulle, ce métier permet de fabriquer un textile plus solide. C’est le tulle bobin (aussi appelé ordinaire). De plus, le métier bobin permet un tissage noué, solide et souple (Sophie Hallette). Finalement, en 1813, John Leavers met au point un système inspiré du métier bobin et du métier à jacquard qui permet de produire en même temps la base du textile et la fantaisie (rochefortenhistoire).

A la fin du XVIIIème siècle, les métiers à tisser le tulle arrivent en France. Cependant, le tulle français est de moins bonne qualité que l’anglais. Donc, pour soutenir les producteurs nationaux, Napoléon fait interdire l’importation en 1802.

Les différents types de tulles:

Il existe différents types de tulles:

Le tulles de Bruxelles: Il est formé de mailles carrées.

Le tulle point de filet: C’est l’ancêtre du tulle, il était fabriqué à la main par les Egyptiens. Les mailles sont carrées comme celui de Bruxelles mais beaucoup plus larges.

Le tulle bobin ou ordinaire: Il est fabriqué à la verticale. Il est constitué d’un fil de chaîne verticale et de deux fils de trames en oblique qui se croisent et se tordent autour du fil de chaîne. Il est composé de mailles hexagonales ou arrondies.

Tulle bobin
Représentation schématique du tissage du tulle bobin (ou ordinaire). En rose, le fil de chaîne et en bleu et gris les deux fils de trame. Ce schéma permet également de mettre en évidence la forme des mailles rondes qui créent l’élasticité du textile.

Le tulle grenadine: Il est composé de grenadine de soie. C’est un fil de soie rare et luxueux, fabriqué uniquement en Italie. Il est très élastique.

Le tulle illusion: C’est une imitation du tulle grenadine en polyester, il est plus fin, moins lourd.

Le tulle de maline: Il est formé de mailles hexagonales et allongées. Il est réputé pour ses motifs de fleurs et végétaux.

Le tulle de Valenciennes, Calais, Chantilly, Alençon: Ils reproduisent les dentelles caractéristiques de ces villes.

Le tulle grec: C’est le plus épais avec des mailles très larges.

Le tulle point d’esprit: Il est composé d’un motif de plumes.

Le tulle Tosca: C’est une maille circulaire

Le tulle robe de bal: Il est plus fin que le Tosca.

Le tulle zéphyr: C’est le plus fin.

Utilisation du tulle:

En fait, il permet de donner du volumes aux vêtements, il est très utilisé pour les jupons, pour créer le volume des robes de mariées. Il ne se porte pas sur la peau car il est désagréable (bluemarguerite).

C’est un tissu très élastique. C’est pour cela que les professionnels l’achètent au nombre de mailles et pas au mètre comme les particuliers.

Étapes de fabrication du tulle:

La fabrication du tulle requiert différentes étapes (Sophie Hallette), ici simplifiées:

  1. Trouver l’inspiration du motif à créer.
  2. Transcrire le dessin sur un papier millimétré puis sur un carton qui guidera le métier à tisser. Il n’y a pas de retour en arrière possible pour le fil.
  3. Préparer le métier à tisser: le tulliste gère les métier à tisser , des personnes vont préparer le métier à tisser, retirer les fils inutilisés des bobines, déposer les nouveaux fils sur les bobines, préparer le métier avant la mise en action
  4. Vérifier le textile, les défauts
  5. Réparer si besoin
  6. Teindre le textile

Conclusion

En conclusion, le tulle est un textile créé au XVIIIème siècle, sa fabrication a été rapidement automatisée et améliorée. C’est un textiles fin, ajouré, transparent. Il n’est pas utilisé pour créer un vêtement qui sera porté sur la peau mais pour créer du volume ou des détails (fleurs sur les robes, drapé des robe….); il est aujourd’hui encore très utilisé pour les robes de mariées.

Les fibres textiles naturelles et chimiques

Voici un nouvel article de la série sur les textiles. Après celui sur la fabrication des textiles tissés ou tricotés (que vous pouvez lire ici) et celui sur la broderie. Voici un article centré sur les origines et la fabrication des fibres textiles naturelles et chimiques les plus communes.

Les textiles sont fabriqués à partir de différents types de fibres: les fibres naturelles (animales ou végétales) et les fibres chimiques (fibres artificielles ou synthétiques). Je vous présente dans cet article ces différents types de fibres afin de vous puissiez mieux comprendre de quoi est composé votre textile lors de votre prochain achat. Je décrirai dans cet article les fibres que l’on peut retrouver dans les textiles d’habillement et parfois d’accessoires.

fibres textiles naturelles et chimiques
Exemple de fibres textiles naturelles et chimiques: en haut jean, mélange de fibres naturelles végétales: le coton et de fibres chimiques synthétiques : l’élasthanne. En dessous mélange de fibres naturelles végétales: le lin et de fibres chimiques artificielles: la viscose, en bas à gauche fibres chimiques synthétiques: le polyester et en bas à droite: 100% fibres naturelles végétales: le coton.

Les fibres textiles naturelles

Les fibres animales

Elles sont composées de protéines particulières. Il existes les soies, les fibres produites à partir de poils, fourrures ou laines et les plumes. Les plus utilisées sont: les laines de mouton, les soies issues du ver à soie et le mohair de la chèvre angora (nrgaia).

La soie

La plus connue est fabriquée à partir de cocons des larves de ver à soie Bombyx mori. Les vers sont élevés en captivité (sériculture). La soie est une fibre de 5 à 10µm (1/10000 de cm). La soie est appréciée car elle reflète la lumière grâce à la structure de sa fibre (prisme triangulaire dans sa structure transversale).

La laine

La laine est dérivée de la fourrure des animaux, principalement des moutons, des chèvres, des alpagas et des lapins.

L’alpaca vient de l’alpaga. Cet animal vit principalement dans les Andes mais aussi en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. C’est une laine chaude, légère, douce et brillante. Elle est luxueuse et de haute qualité. On en produit 5000 tonnes/an.

L’angora est produit à partir du duvet du lapin angora, elle est douce.

Le cachemire vient de la chèvre cachemire. Cette fibre est douce, très légère, très chaude et luxueuse. On en produit 15000 tonnes/an.

Le mohair est fabriqué à partir des cheveux de la chèvre angora originaire de Turquie. Cette laine est reconnue pour sa brillance. Elle permet de garder le corps au chaud en hiver et de garder la fraîcheur en été. On en produit 20000 tonnes/an.

La laine de mouton peut être en fonction du diamètre de la fibre fine et douce ou plus grossière. La laine plus grossière a tendance à moins boulocher. Cette fibre a connu un réel succès grâce à sa résistance et à son élasticité. La tonte des moutons se fait une fois par an. La laine est ensuite lavée, séchée, cardée, peignée et filée. Il existe 4 sortes de laines (majeloc):

  1. de tonte: animaux vivants et sains
  2. d’agneau: vient de la première tonte: fibres fines et peu résistantes
  3. de délainage: animaux abattus et qualité moyenne
  4. de renaissance: récupérée de restes de laine et vieux vêtements

Les fibres végétales

Le coton

Le mot coton vient de l’arabe Al kutun qui a donné le mot algodon en espagnol. Les cotonniers sont des arbustes de 80 cm à 2m de hauteur. La longueur de la fibre ainsi que sa qualité dépend de l’espèce. Au milieu des années 90 les premières variétés génétiquement modifiées (OGM) ont été créées, elles permettent de mieux résister aux insectes. Depuis 2012, 50% des cotonniers cultivés sont des OGM (encyclopédie Universalis). Il existe une trentaine d’espèces sauvages mais seulement 4 sont cultivées. La production en Inde a débuté 3000 ans av. JC puis en Amérique du Sud et en Europe.

Au XIV ième siècle il existe une industrie cotonnière en Europe à Bruges, Gand et Barcelone. Les cotonnades seront les premiers tissus imprimés. Le coton est un produit de luxe en Europe au XVII ième siècle. Cependant, l’engouement pour le coton a poussé à une production de plus en plus massive, à l’utilisation intense de pesticides, d’engrais et la culture du coton nécessite une importante irrigation. Cette culture a conduit à la destruction du lac d’Arval en Asie centrale. Cette fibre est très utilisée, son exploitation est peu écologique. Il existe aussi des champs de culture biologique (jussieu).

Le lin

Il existe des centaines de variétés mais seulement 4 sont cultivées. Pour conserver les fibres cette plante n’est pas coupée mais arrachée. Cette fibre possède de nombreux avantages environnementaux. Il existe des champs de culture et des usines de transformation dans le nord de la France. Cette plante nécessite 5 fois moins d’engrais et pesticides que le coton. Il existe des champs de culture biologique. De plus tous les sous-produits de cette plante sont utilisés (la pulpe pour faire le papier des dollars, les graines pour l’alimentation, l’huile pour l’alimentation, la cosmétique…). Les fibres de lin permettent de réguler la température du corps (chaud en hiver, refroidissant et respirant en été). Cette fibre est naturellement anti-allergique et anti-bactérienne. Cette fibre est écologique (ecoconso).

Cependant on peut traiter le lin avec des produits chimiques pour éviter le froissement (jussieu).

Le chanvre

Cette plante (Cannabis saliva) provient des régions équatoriales, elle possède une croissance rapide et ne nécessite pas de pesticides ainsi que très peu de fertilisants. Sa culture est facile mais sa transformation est plus difficile. La France est le producteur numéro 1 de l’Europe. Cette fibre est connue pour être inusable, anti-bactérienne, isolante (ecoconso).

Le jute

Cette fibre est robuste, sa production nécessite beaucoup de main d’œuvre, elle est gourmande en pesticides et engrais. Cette fibre est principalement utilisée pour fabriquer des sacs solides.

Les fibres textiles chimiques

Les fibres artificielles

Ces fibres sont produites à partir de ressources naturelles: la cellulose. Mais afin de les obtenir il faut avoir recours à des procédés chimiques. Ces fibres sont la viscose, le lyocell, le modal, le bambou et le maïs. Ce fibres peuvent être renouvelables mais ne sont pas forcément locales, elles nécessitent beaucoup d’eau et de solvants (ecoconso). Je développerais les cas les plus connus: la viscose et le bambou.

La viscose

Cette fibre est produite à partir de cellulose de bois extraite chimiquement. La cellulose de bois est transformée par de la soude qui rompt les liaisons hydrogène et des étirements mécaniques qui permettent de fabriquer la fibre. Cette matière est polluante à cause des déchets chimiques nécessaires pour la produire (jussieu).

Le bambou

C’est une fibre légère, solide, douce et anti-bactérienne. Cette fibre est de qualité et la production se fait à faible coût. L’exploitation du bambou peut être biologique car cette plante ne nécessite ni engrais ni pesticides. Elle préserve les sols, elle produit 35% d’oxygène de plus qu’un arbre classique. Cependant, la fibre est obtenue après une transformation chimique. Le bambou est réduit en poudre, la cellulose est extraite par un mélange chimique contenant du sulfate de soude, de l’acide citrique et de dissulfure de carbone. Ces produits chimiques sont polluants, notamment le dissulfure de carbone qui pollue l’eau (wedressfair).

Les fibres synthétiques

Elles sont dérivées de la pétrochimie. Il y a par exemple le polyester, le nylon, l’acrylique, l’élasthanne. Voyons plus particulièrement le cas de l’élasthanne.

L’élasthanne:

Cette fibre est dérivée du pétrole. Elle est composée à 85% de polyuréthane segmentaire qui permet sa solidité et son élasticité. Le premier fil a été réalisé en 1953. Cette fibre souple, légère est grandement utilisée depuis sa création afin de rendre les vêtements plus confortables. Il a été montré qu’au lavage cette fibre relâche des micro-fibres dans les eaux usées et donc les océans (wedressfair).

Faire un choix

Ce n’est pas facile de trouver un textile qui ne possède que des avantages écologiques. La meilleure solution serait de porter majoritairement du lin mais cette matière ne se trouve pas facilement dans les textiles d’habillement selon les coloris et motifs que l’on recherche. L’élasthanne qui est un composant du textile que l’on recherche tous pour notre confort fait partie des fibres les plus polluantes. La transformation des laines ne semble pas avoir d’impact écologique élevé, cependant l’élevage des animaux est coûteux en eau et énergie et les conditions d’élevage et de tonte sont connues pour ne pas être toujours éthiques.

Ce que nous pouvons faire est de toujours vérifier s’il existe une solution plus écologique, choisir un maximum de textiles issus de l’agriculture biologique et favoriser les textiles qui sont produits en France ou en Europe afin de réduire l’impact environnemental dû aux transports.